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Jean Jacques Cristofari On mai - 25 - 2011

observatoire 78% des prescriptions du benfluorex (Mediator) étaient hors AMM en 2008. 82 % des Français font confiance aux médicaments en 2011 : s’il n’existe pas de relation directe entre ces données, elles traduisent cependant qu’en pleine crise du Mediator, le médicament conserve la confiance de nos concitoyens, même si la défiance demeure face aux pratiques des industriels de la branche, comme le traduit l’enquête menée en début d’année par Tns/Sofres pour le LEEM et dont les résultats viennent d’être rendus publics.

Les sondages de Tns/Sofres se suivent mais ne se ressemblent pas ! Le 10 mai dernier, interrogés pour la Mutualité Française, une étude exclusive de cet institut de sondage avance que 77 % de nos concitoyens considèrent que le Mediator n’est pas un cas « exceptionnel et limité à ce médicament », mais illustre bien « une défaillance globale du système » qui met en doute la sécurité de nos médicaments. La FNMF, présidée par Etienne Caniard, en provenance de la HAS où il était il y a peu encore membre de son Collège en charge de la qualité de l’information médicale, alerte les médias lors de son débat-citoyen organisé à Nantes sur le thème « médicaments : ce qui doit changer » et publie dans un communiqué de presse : « médicaments : les Français profondément inquiets« . Quinze jours plus tard, Les Entreprises du médicament (LEEM) présentent les résultats d’une autre enquête, toujours menée par Tns/Sofrès qui met en avant que « 82 % des Français font confiance aux médicaments ». L’inquiétude mutualiste n’est donc pas partagée par les Français interrogés par les industriels du médicament via leur « Observatoire sociétal du médicament », réalisée auprès de 2 023 personnes interrogées en face à face à leur domicile, fin janvier et début février 2011, soit au moment même où éclate le scandale du Mediator. Ceci explique sans doute le grand écart de nos concitoyens entre les deux sondages. « Par rapport aux positions radicales qui ont pu être exprimées ces derniers temps, les résultats montrent que les Français ont une approche beaucoup plus nuancée du médicament et de ceux qui le découvrent et le fabriquent », note le président du LEEM, Christian Lajoux, en commentaire aux résultats de l’enquête conduite pour son « Observatoire ».

La confiance va aux médicaments prescrits

Ainsi plus de 8 Français sur 10 font confiance aux médicaments et le taux grimpe lorsque ces derniers sont délivrés sur ordonnance (94 %) ou remboursés (93 %). La confiance en la matière va surtout aux médecins qui les prescrivent. Ce que confirme Tns/ Sofres : « Les professionnels de santé sont la source d’information sur le médicament prescrit en qui les Français ont le plus confiance (93 %) : avec en tête le médecin (82 % – même si 4 Français sur 10 cherchent ensuite des informations sur les médicaments prescrits et si 27 % ne prennent pas le produit après avoir lu la notice !), puis le pharmacien (57 %) ». Internet est relégué loin, très loin derrière, comme une source de confiance pour seulement 6 % des Français. Plus intéressant est le satisfecit que l’enquête accorde aux laboratoires pharmaceutiques : ainsi 85 % des Français estiment que les entreprises du médicament jouent un rôle important, voire primordial, dans la découverte de nouveaux traitements. Mais les Français restent cependant prudent face à une industrie dont l’image demeure globalement ternie par l’affaire en cours et 80 % considèrent ainsi que les laboratoires communiquent mal sur leur activité et leur rôle dans la société. Un jugement qui ne valorise pas les campagnes annuelles de communication menées par le LEEM lors de sa semaine annuelle de dialogue sur le médicament, ni les efforts de promotion de la branche menés lors de ses grands rendez-vous institutionnels (1). « On peut y voir une attente forte à l’égard du secteur, note à cet égard le patron du LEEM. Une attente qui renforce notre volonté de poursuivre la démarche de dialogue entreprise depuis plusieurs années auprès des parties-prenantes de la société. »

Plus soucieux de leurs bénéfices que des malades

lajouxchristian2_0 « En dépit du contexte de défiance suscité par l’actualité récente, le médicament conserve le statut d’un produit qui soigne et qui guérit », analyse encore Christian Lajoux (photo), en ajoutant : « Il y a malgré tout une interrogation du public sur la nature même de nos entreprises qui évoluent dans un cadre économique et international, tout en assumant une mission de santé ». L’enquête de l’Observatoire fait ainsi ressortir que 80 % des Français considèrent que les industriels du médicament « sont plus soucieux de leurs bénéfices que des malades ». 76 % avancent même qu’ils ne font de la recherche que pour les médicaments financièrement rentables. Le sondage réalisé pour la Mutualité Française précise de son côté que 87 % des Français sont favorables à l’idée de réduire l’influence des laboratoires pharmaceutiques sur les professionnels de santé et que 55 % jugent utiles de permettre à l’Etat de contrôler plus étroitement la promotion et la publicité des groupes pharmaceutiques. Le LEEM, qui se prépare à revoir sa communication aura fort à faire pour combler le déficit d’image de la branche, qui risque d’être une nouvelle fois ternie à l’issue des Assises du Médicament dont les conclusions devraient être rendues publiques début juin.

Jean-Jacques Cristofari

(1) Cf : le conseil stratégique des industriels de santé (CSIS) ou les enquêtes réalisées par le LEEM autour de la branche pharmaceutique

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Les autres résultats de l’Observatoire du médicament en vrac :
- 79 % des Français trouvent que les médicaments sont de plus en plus pratiques à prendre, même si pour 74 % d’entre eux le conditionnement est trop souvent inadapté à la durée du traitement.
- 70 % des Français suivent leur traitement « à la lettre » et 25 % « à peu près ».
- 86 % des Français qui prennent un médicament lisent la notice (44 % systématiquement)
- 80 % des Français pensent qu’il y a trop de médicaments différents pour soigner les mêmes maladies et 64 % qu’il y a beaucoup de fausses innovations.
- 42 % des Français déclarent prendre tous les jours des médicaments (très variable selon l’âge : 8% des 18-24 ans ; 83% des 65 ans et plus).
- Plus de 9 Français sur 10 estiment qu’on consomme trop de médicaments en France. Pourtant, 84 % considèrent que ce n’est pas leur cas.
- A noter que 68 % des Français ne consultent pas de médecin quand ils se sentent malades : ils préfèrent se soigner avec ce qu’ils ont ou attendre que ça passe.

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Médicaments de prescription médicale facultative :

otc-observatoire

(Cliquer sur le tableau pour l’agrandir)

2 Responses

  1. Le leem redéfinit sa communication et aura fort à faire pour redresser son image, certes! Mais cela fait des années que ce problème est posé et que la pharma le néglige, considérant qu’un effort dans ce domaine ne fait pas vendre plus de boites.

    Pire, la situation se dégrade. Pourtant, l’affaire Médiator démontre que le coût peut-être faramineux et les conséquences rédhibitoires.

    D’ailleurs, est-ce seulement une affaire de communication? N’est-ce pas plutôt une affaire d’actes concrets et de Responsabilité Sociétale d’Entreprise authentique?

  2. Catherine de Rohan Chabot dit :

    Je crois moi aussi que la communication est importante mais que ce n’est pas qu’une affaire de communication. Je pense aussi que l’opinion des français est assez juste

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