2018, un excellent cru pour le Top 10 de la Pharma mondiale

2018, un excellent cru pour le Top 10 de la Pharma mondiale
août 15 17:50 2019

Le marché mondial du médicament devrait atteindre le pallier de 1500 milliards de dollars (1332 milliards d’euros) dans quatre ans. L’an passé, le top 10 de l’industrie pharmaceutique mondiale a réalisé 31,5 % du chiffre d’affaires cumulé par les industriels du médicaments dans le monde. 54 % du chiffre d’affaires de ce club des 10 big pharma ont été portés par 82 médicaments au statut de blockbuster.

En 2018, le top 10 de l’industrie pharmaceutique mondiale a réalisé, à lui seul, 31,5 % du chiffre d’affaires cumulé par les industriels du médicaments dans le monde. Un CA évalué à 1 205 milliards de dollars, soir 1 052 milliards d’euros (+ 4,8 %). 82 des médicaments de ces 10 leaders ont le statut de blockbuster (plus d’un milliard de dollar de ventes) et ces derniers représentent plus de 54 % du chiffre d’affaires du top 10 avec des ventes de près de 181 milliards d’euros. Le top 10 reste placé sous la domination
américaine, et ses membres ont presque tous conforté et enrichi leurs plateformes technologiques et leurs portefeuilles de produits.

Trois axes majeurs ressortent de ces évolutions :
– la poursuite de la diffusion de l’immuno-oncologie, domaine dans lequel la majorité des acteurs du top 10 dispose de médicaments mis sur le marché ou au stade de la R&D,
– l’engagement croissant de la pharma dans les maladies inflammatoires telles que la dermatite atopique et les maladies hépatiques à l’instar de la NASH
– et enfin, le renforcement des capacités de R&D et de production dans les domaines de pointe de la thérapie cellulaire et de la thérapie génique.

Une croissance significative des bénéfices

Avec un chiffre d’affaires global de 331,35 milliards d’euros (+ 2,66 %), le top 10 de l’industrie pharmaceutique a renoué avec une croissance significative de ses bénéfices nets, qui progressent de plus de 45 %, à 87,05 milliards d’euros en 2018. Le montant cumulé des bénéfices nets de ce Top 10 s’élevait à 59,79 milliards d’euros en 2017.

Les dépenses de R&D atteignent 69,33 milliards d’euros (+7,69 %) tandis que le montant global des dividendes versés aux actionnaires est en diminution de plus de 14 %, à 51,17 milliards d’euros (cf.Tableau). Leur montant s’élevait à 60,48 milliards d’euros en 2017. L’innovation, dans ce contexte, demeure le principal carburant de la croissance : pas moins de 54 nouvelles molécules seront lancées par an sur les cinq prochaines années. Les deux tiers des lancements visent des produits de spécialités et 30 seront destinés aux traitements du cancer. Les médicaments contre les maladies orphelines ont également le vent en poupe : ils pourraient représenter 45 % des nouvelles spécialités et atteindre les performances des actuels blockbusters qui égrènent le segment des traitements contre les maladies rares.

Au total, la rentabilité de la branche reste bonne, sinon excellente : les marges nettes se situent en moyenne à un niveau supérieur à 20 %, de 15,7 % à 27,3 % pour J&J.

L’américain Pfizer domine le Top 10 de la Pharma mondiale
[source : Guide du marketing et de la communication pharmaceutique, avril 2019

Pfizer demeure le leader incontesté du marché mondial

Pour la quatrième année consécutive, le classement des leaders mondiaux de la pharma consacre le même trio de tête, l’américain Pfizer conservant toujours sa pole position devant les suisses Novartis et Roche. Si l’écart de chiffre d’affaires entre les deux premiers du top 10, Pfizer et Novartis, continue à s’est réduit en 2018, il reste néanmoins très significatif, à 7,41 milliards d’euros. Les récentes acquisitions de Pfizer (Array Biopharma pour 10,64 milliards de dollars (9,48 milliards d’euros), Therachon pour 340 millions de dollars), la reconfiguration de son portefeuille de produits OTC dans une coentreprise détenue en majorité par GSK, devrait à nouveau élargir le fossé entre les deux premiers. De son côté, Novartis est désormais talonné par son compatriote Roche, qu’il ne dépasse que de 40 millions d’euros dans le secteur pharmaceutique.
L’américain Johnson&Johnson gagne une place en 2018, et souffle la 4ème position au champion français Sanofi, qui se situe au coude à coude avec le britannique GSK qui fait une remontée dans le top 10. Enfin, alors que le groupe Abbvie se maintient à la 8ème place, Merck&Co rétrograde à la 7ème tandis que le pionnier de la biotech Amgen, entré en 2017 pour la première fois dans le top 10, boucle ce classement derrière Gilead.

Les pays développés se taillent la part du lion

Pour le proche avenir, une certitude domine pour les analystes du secteur : l’industrie pharmaceutique va enregistrer entre 2019 et 2023 une croissance comprise entre 3 et 6 %, selon les pays et les régions. Ses ventes mondiales, estime l’institut IQVIA, devraient même atteindre le pallier de 1500 milliards de dollars (1332 milliards d’euros) dans quatre ans. Les pays riches et développés continueront de s’offrir la part du lion, avec 66 % du total des ventes de médicaments, mais avec une croissance plus limitée que celle des pays « pharma-émergents » qui vont connaître des progressions supérieures. Autant dire que les big pharma ont de beaux jours devant elles.

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Jean Jacques Cristofari
Jean Jacques Cristofari

Journaliste spécialisé en économie de la santé En savoir plus ...

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