Lifting gagnant pour AbbVie

Lifting gagnant pour AbbVie
juin 26 17:31 2019

Allergan et sa pépite, le Botox, rachetés par l’américain AbbVie pour 63 milliards de dollars. L’opération placera le nouveau groupe dans les toutes premières places du Top 10 de la pharma mondiale.

Approuvé pour la première fois par la FDA en 1989 pour les spasmes musculaires autour des yeux, le médicament réalise près du quart des 15,8 milliards de dollars du chiffre d’affaires du groupe. Il suscite de longue date bien des convoitises, Allergan possèdant toujours plus de 65 % de part de marché malgré l’arrivée de concurrents sur un marché très convoité, avec
les neurotoxines du suisse Nestlé ou de l’allemand Merz (Dysport et Xeomin). En 2016, le laboratoire américain Pfizer, leader mondial de l’industrie pharmaceutique, aurait dû convoler en justes noces avec son compatriote Allergan. Mais la manoeuvre échoua après le véto, mis en avril de la même année par le Trésor Américain sur une tentative de fusion à 160 milliards de dollars. Avant cette opération avortée avec Pfizer, Allergan avait été acquis, en 2015, par son compatriote Actavis pour 63 milliards de dollars. Le nouveau groupe a choisi de garder le nom Allergan, mondialement reconnu.

Remontée dans le top 10 des big pharma

Début février dernier, l’agence américaine des médicaments, la Food and Drug Administration (FDA), a approuvé la mise sur le marché du Jeuveau, un produit rival du Botox, la molécule phare du laboratoire Allergan. Cette AMM n’a pas découragé le laboratoire Abbvie de se lancer dans une des plus importantes acquisition de l’année en cours, pour un montant de 63 milliards de dollars.
Cette union donnera naissance à un nouveau géant du secteur, pesant quelque 48 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel et présent dans 175 pays. Avec un tel volume et une telle surface, Abbvie sera assuré de figurer dès l’an prochain dans les toutes premières places du Top 10 de la Pharma mondiale. Outre le Botox, Allergan développe plusieurs autres produits dermatologiques, ainsi que des médicaments pour le traitement des maladies des voies urinaires ou de la mucoviscidose. Il est numéro 2 mondial dans l’ophtalmologie avec ses traitements du glaucome, de la sécheresse oculaire et des maladies de la rétine. Un des plus rentables est le Restasis, un remède contre les yeux secs.


La forte plateforme de croissance d’AbbVie sera considérablement renforcée,
déclare don Pdg, Richard A. Gonzalez,

Le nouvel ensemble, dont le siège social restera dans le Delaware, sera dirigé par Richard A. Gonzalez, PDG d’AbbVie. Deux figures du conseil d’administration d’Allergan, dont le directeur général Brent Saunders, entreront au conseil d’administration, une fois la nouvelle entité créée.
« La société fusionnée sera composée de plusieurs franchises attrayantes avec des positions leader dans les domaines de l’immunologie, de l’oncologie hématologique, de l’esthétique médicale, des neurosciences, de la santé des femmes, des soins de la vue et de la virologie. Le portefeuille de produits d’Allergan sera enrichi par la force commerciale, le savoir-faire et l’infrastructure internationale d’AbbVie« , souligne le groupe. Son produit phare, l’Humira, utilisé dans une série de huit maladies inflammatoires chroniques, allant de la polyarthrite rhumatoïde à la maladie de Crohn, en passant par le psoriasis, réalise plus de 18 milliards de revenus par an.
«  Nos domaines thérapeutiques à croissance rapide, y compris nos activités d’esthétique médicale, de soins de la vue, de SNC et de gastro-intestinale de classe mondiale, renforceront la forte plateforme de croissance d’AbbVie et créeront une valeur substantielle pour les actionnaires des deux sociétés « , ajoutre le Pdg.

La fusion Abbvie-Allergan devrait générer une trésorerie de 19 milliards de dollars, affirme Abbvie, qui entend l’utiliser pour rembourser la dette qu’il va contracter pour financer la transaction. Abbvie devra verser 188,24 dollars par action Allergan, dont 120,30 dollars en numéraire et le solde en actions. Pour les actionnaires d’Allergan, cette offre pourrait constituer une prime de 45 % par rapport au cours de clôture du titre lundi 24 juin à Wall Street.

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Jean Jacques Cristofari
Jean Jacques Cristofari

Journaliste spécialisé en économie de la santé En savoir plus ...

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