Covid-19 : les labos sur la brèche

Covid-19 : les labos sur la brèche
avril 15 15:58 2020 Imprimer l'article

Après une première annonce de la part de Johnson&Johnson qui promet un vaccin contre le Covid-19 pour le début 2020, voici les laboratoires Sanofi et GSK qui s’associent pour développer le leur. Les Italiens annoncent égalemennt qu’ils vont procéder aux premiers essais cliniques d’un vaccin fin avril. La course au blockbuster est ainsi bien lancée, mais rien ne dit qu’il y aura des gagnants.

Le 30 mars dernier, le laboratoire américain Johnson & Johnson a annoncé la sélection d’un candidat vaccin COVID-19 à partir d’études sur lesquelles il travaille depuis janvier 2020. Les équipes de recherche de Janssen, en collaboration avec le Beth Israel Deaconess Medical Center, qui fait partie de la Harvard Medical School, ont identifié et testé plusieurs candidats vaccins en utilisant la technologie Janssen AdVac®. En parallèle, J&J a fait part de l’élargissement significatif du partenariat existant entre Janssen, Pharmaceutical Companies, filiale pharmaceutique de Johnson & Johnson et BARDA (Biomedical Advanced Research and Development Authority)

“Le monde est confronté à une crise urgente de santé publique et nous sommes déterminés à mettre à disposition un vaccin COVID-19 dans le monde entier aussi rapidement que possible, a déclaré Alex Gorsky, Pdg de la société [à g.sur la photo]. Johnson & Johnson est bien positionné grâce à la combinaison de son expertise scientifique, de sa dimension mondiale et de sa force financière pour apporter ses ressources en collaboration avec d’autres afin d’accélérer la lutte contre cette pandémie“.  La société annonce commencer les études cliniques chez l’homme de son candidat vaccin au plus tard en septembre 2020 et prévoit que les premiers lots d’un vaccin COVID-19 pourraient être disponibles pour une autorisation d’utilisation d’urgence au début de 2021. Un délai considérablement accéléré par rapport au processus de développement habituel d’un vaccin.
La phase suivant sera de procéder à une augmentation rapide de la capacité de production dans le but de fournir au niveau mondial plus d’un milliard de doses de vaccins. « Nous nous engageons à fournir au public un vaccin abordable à but non lucratif pour une utilisation d’urgence » si une nouvelle vague de la pandémie devait avoir lieu, confirme Alex Gorsky, le 14 avril, lors d’une téléconférence de présentation des résultats trimestriels du groupe.

Lancement d’essais cliniques 2ème semestre pour Sanofi/GSK

Alors que l’épidémie se répand encore dans les pays de l’hémisphère nord, en particulier aux Etats-Unis, où Donald Trump vient de couper les vivres à l’Organisation mondiale de la Santé, de nouveaux acteurs viennent de faire savoir qu’ils se lancent dans la bataille. Toujours mardi 14 avril, deux autres géants de l’industrie pharmaceutique, Sanofi et GSK, annoncent qu’ils vont « combiner leurs technologies innovantes pour développer un vaccin contre le Covid-19 ». Le français Sanofi « apportera à cette collaboration son antigène de la protéine S du Covid-19« , grâce à une technologie qui « a permis d’obtenir une réplique génétique exacte des protéines qui se trouvent à la surface du virus« . Le britannique GSK apportera de son côté « sa production de vaccins avec adjuvant à usage pandémique« . Paul Hudson, directeur général de Sanofi [à d. sur la photo], a indiqué que « le monde est aujourd’hui confronté à une crise sanitaire sans précédent, et il est clair qu’aucune entreprise ne peut y remédier seule« , pour justifier cette collaboration. Une alliance qui « rapproche deux des plus grands spécialistes mondiaux de la production de vaccins« , a noté de son côté Emma Walmsley, directrice générale de GSK [au centre sur la photo]. Mais il faudra du temps pour mener à bien ce projet, alors même que les attentes sont très fortes pour apporter une réponse sanitaire efficace à la pandémie en cours. « Les deux entreprises prévoient de lancer des essais cliniques de phase I au deuxième semestre 2020 et, en cas de succès et sous réserve des exigences réglementaires, de mener à leur terme toutes les étapes du développement. ». Les partenaires avancent pouvoir mettre sur le marché un vaccin pour le 2èsemestre de 2021. L’alliance anglo-française sera donc en retard d’un temps sur son concurrent américain ! Pour autant que les recherches des uns comme des autres aboutissent effectivement.

L’Italie et l’EMA dans la course au vaccin

En parallèle à ces grandes manoeuvres pharmaceutiques, huit jeunes chercheurs – quatre filles, quatre hommes – employés à l’Irbm Science Park, une société italienne fondée en 2009 à Pomezia, dans la région de Rome, annoncent avoir isolé le virus dans leur laboratoire, le 2 février dernier. Fin avril, les fioles de vaccin arriveront en Grande-Bretagne, pour un essai thérapeutique sur 550 volontaires, en partenariat avec la prestigieuse Université d’Oxford. Des négociations ont également débuté avec des investisseurs et les gouvernements de plusieurs pays pour le développement et la production du vaccin fabriqué par les chercheurs italiens, si toutefois les essais cliniques sur les patients s’avéraient concluants. Mais les Italiens ne sont pas les seuls sur la brèche : 12 vaccins sont à l’essai, validés par l’EMA, l’European Medicines Agency, l’agence européenne des médicaments.

J-J Cristofari

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Jean Jacques Cristofari
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Journaliste spécialisé en économie de la santé En savoir plus ...

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