Christopher A. Viehbacher (Sanofi) prend la tête de l’EFPIA

Christopher A. Viehbacher (Sanofi) prend la tête de l’EFPIA
novembre 06 19:28 2012 Imprimer l'article

La Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (EFPIA) vient d’élire à sa tête Chris Viehbacher (photo), directeur général depuis décembre 2008 du groupe Sanofi, 4ème groupe pharmaceutique mondial, avec 33,389 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2011 et 8,795 milliards d’euros de résultat net. Le nouveau patron de l’EFPIA prendra ses fonctions en juin prochain pour une durée de deux ans et succèdera à Sir Andrew Witty, pdg de GlaxoSmithKline. Particulièrement investi dans les questions de compétitivité de la branche au sein la fédération européenne, il poursuit avec cette nomination un parcours sans faute dans le secteur pharmaceutique.

A 52 ans, le nouveau patron de l’EFPIA a une longue carrière dans la pharma derrière lui. Expert comptable de formation, entré chez GSK en 1988, après un séjour dans la société de conseil PriceWaterhouseCoopers, il poursuivra une carrière internationale en Europe – il sera patron de GSK France durant neuf ans-, aux Etats-Unis et au Canada. Il occupera le poste de président des opérations pharmaceutiques de l’Amérique du Nord et sera membre du board de GSK, avant de rejoindre Sanofi-Aventis en 2008, où il succède à Jean-François Dehecq (1). Mais le titre de Pdg qu’avait ce dernier dans le groupe pharmaceutique français ne sera pas celui de son successeur, qui deviendra directeur général exécutif, coiffé en mai 2010 par un président non exécutif, Serge Weinberg. Chris Viehbacher connaît bien les arcanes des associations de laboratoires : de décembre 2010 à avril 2012, il a été président du PhRMA, qui représente aux Etats-Unis les principales compagnies pharmaceutiques orientées recherche et les sociétés de biotechnologies qui, à elles seules ont investi quelque 49.5 milliards de dollars in 2011 pour la découverte et le développement de nouveaux médicaments.

Celui que l’on nomme le « smilling killer »,  pour avoir, sans état d’âme, profondément et rapidement transformé Sanofi, en faisant entrer son groupe dans une nouvelle ère, celle des biotechs et des alliances extérieures, avec l’acquisition de la biotech Genzyme, est également le patron d’une « table ronde sur le cancer« , une association qui regroupe des employeurs aux Etats-Unis en vue de mettre en oeuvre des initiatives en milieu de travail susceptibles de réduire les risques de cancer, d’établir des diagnostics précoces et de favoriser l’accès aux meilleurs traitements disponibles. Une association qui regroupe à ce jour quelque 120 sociétés regroupant 3 millions de salariés. Le « germano-canadien » – il possède cette double nationalité – a reçu la Légion d’Honneur en 2003 et, en 2012, le prix de la Fondation Pasteur « pour son rôle de leadership dans l’industrie pharmaceutique en matière de recherche et développement et pour ses actions en faveur de l’amélioration de la santé de la population mondiale ».

Une force de frappe industrielle

En juin 2013, Chris Viehbacher, sera le porte parole au sein de l’UE d’une fédération qui rassemble 33 associations nationales et 37 compagnies leaders dans la branche pharmaceutique, représentant 1 300 sociétés réparties dans toute l’Europe. Une fédération qui « soutient une vision moderne et durable des systèmes de santé européens, où les patients ont un accès égal et rapide aux médicaments les meilleurs et les plus sûrs ». Mais aussi et surtout une force de frappe industrielle, qui entend défendre ses prérogatives et ses outils dans les pays de l’Union en prise avec une rigueur budgétaire accrue, qui les conduit à mettre une pression accrue sur les prix des médicaments. Impliqué dans le groupe G10 sur le médicament au sein des instances européennes de la DG « Entreprises et Industrie », le patron de Sanofi s’est largement intéressé aux questions relatives à la compétitivité de la branche pharmaceutique européenne dans son environnement concurrentiel international. Un sujet parfaitement dans l’actualité du moment. Il s’est sans nul doute inspiré des conclusions des rapports émis en 2000 et 2003 par cette DG pour éclairer le cap des groupes qu’il a dirigés. L’homme est un fin connaisseur de la pharma mondiale, de ses stratégies – qu’il met en oeuvre chez Sanofi depuis 4 ans – comme de ses mutations. Il lui appartient pour l’avenir de défendre, par un lobbying pro-actif, la branche européenne du médicament dans les arcanes européennes et les antichambres bruxelloises de la Commission.

Jean-Jacques Cristofari

(1) En 2001, Jean-François Dehecq, alors président de Sanofi-Synthelabo, succède, à la tête de l’EFPIA, à l’Espagnol Jorge Gallardo, Pdg d’Almirall S.A., une groupe pharmaceutique espagnol, qui occupait ce poste depuis 1998.

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Journaliste spécialisé en économie de la santé En savoir plus ...

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