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Ventes de médicaments sur Internet : les officines allemandes persévèrent

Par   /  26 septembre 2013  /  0 Commentaires

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distribution Plus de 3 000 officines de ventes à distance expédient quotidiennement 330 000 paquets de médicaments aux Allemands qui achètent leurs produits de médication familiale – sans prescription et en vente libre – via Internet. Ces dernières réalisent un chiffre d’affaire annuel de 1,4 milliard d’euros en 2012. Dans le secteur des médicaments dits d’automédication, la part de marché des officines à distance a atteint, selon IMS, 11 %, sur un chiffre d’affaires total de 45,5 milliards d’euros réalisés outre-Rhin par le réseau officinal en 2012.

Nos voisins Allemands dépensent en moyenne 52 euros par an pour acheter leurs médicaments non prescrits et en vente libre sur Internet, rapporte l’Union Fédérale des officines allemandes de ventes par correspondance (1), qui fête cette année 10 années de présence sur la Toile. Face à cette facture, la note en médicaments prescrits et remboursés par l’assurance-maladie s’élève en moyenne à 509 euros. Les représentants de la profession attendent du gouvernement qu’il donne aux officinaux un cadre juridique qui permettent d’offrir des « modèles de bonus » aux caisses maladie et aux malades chroniques. Car sur le marché des ventes à distance, la concurrence fait rage et les acteurs officinaux se mènent une guerre des prix qu’ils espèrent concrétiser par des systèmes de bonus à offrir à leurs clients pour l’achat de produits de prescription, un marché très convoité par les officines qui se développent sur Internet. « Un système de bonus attrayant pourrait être obtenu pour la gestion des médicaments des patients », plaide à cet égard Christian Buse, président du BVDVA.

De bonnes perspectives ventes-internet

Les 3010 pharmaciens d’officines agréés à ce jour pour faire depuis leurs murs du commerce de médicaments sur Internet, soit 14,4 % des 20 900 officines allemandes, entendent nouer des relations nouvelles avec une clientèle qui a souvent recours à la Toile pour faire ses courses en général. 16 millions d’Allemands se sont ainsi prêtés à l’exercice en 2012. Le chiffre d’affaires de officines de vente à distance a progressé de 7 % l’an passé. Il devrait augmenter de 110 % d’ici 2020, selon les experts d’outre-Rhin. A l’heure où les instances internationales précisent que 62 % des médicaments vendus sur Internet sont des contrefaçons (2), nos voisins Allemands s’installent dans une pratique qu’ils estiment suffisamment sécurisée pour persévérer. Les officines français, en proie à une chute drastique de leur activité et de leurs marges, demeurent sceptiques sur ce type de commerce en faisant valoir que le réseau officinal assure une proximité que ne remplacera pas la vente à distance. Du côté du gouvernement, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, vient d’ annoncer le lancement d’une campagne d’information sur la vente en ligne de médicaments en mettant l’accent sur les consignes à suivre pour acheter en toute sécurité des médicaments sur internet. La campagne, qui est à destination du grand public, invite les internautes à consulter la liste des sites français autorisés par les pouvoirs publics, soit à ce jour une soixantaine d’officine. La campagne se poursuivra jusqu’au 20 octobre 2013. Elle confirme que la France ne peut plus échapper à une tendance de fond du marketing direct. Il reste désormais à veiller à neutraliser les contrefacteurs de toute origine.

Jean-Jacques Cristofari

(1) Bundesverbands Deutscher Versandapotheken ou BVDVA
(2) Le trafic de faux médicaments aurait rapporté 75 milliards de dollars (55 milliards d’euros) en 2010 dans le monde, en augmentation de 90 % depuis 2005, selon des chiffres de l’organisme américain Center for Medicine in the Public Interest, rapporte l’AFP.  Selon l’Alliance européenne pour l’accès à des médicaments sûrs, 62% des comprimés achetés sur internet en 2011 seraient des contrefaçons.

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A propos de l'auteur

Jean-Jacques Cristofari, journaliste spécialisé en économie de la santé, économiste et sociologue de formation En savoir plus ...

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