Polepharma, le cluster qui veut vitaminer la pharma

Polepharma, le cluster qui veut vitaminer la pharma
février 07 11:55 2012 Imprimer l'article

Polepharma, premier cluster de l’industrie pharmaceutique vient de fêter ses dix ans d’existence en présentant pour la première fois ses vœux respectivement à Tours, Dreux, Rouen et Orléans. Le cluster, qui regroupe les usines de production et leurs fournisseurs, a été crée sur trois régions (Centre, Normandie, Ile de France), compte aujourd’hui 140 entreprises adhérentes et représente 20 000 emplois sur un bassin d’activités qui regroupe 50 % de la production pharmaceutique française.  Il va prochainement créer un observatoire des investissements  et des emplois dans l’industrie pharmaceutique.

« On a crée un écosystème où l’on trouve facilement des usines pharmaceutiques, des fournisseurs, des salariés, des centres de formation. Ici on est en terre fertile de la pharmacie » explique Fabien Riolet (photo, à g.), directeur de Polepharma en janvier dernier à Tours, accueilli par Xavier Monjanel (photo, à d.), président du Grepic et vice président  de Polepharma (1). « Nous œuvrons à la compétitivité des entreprises. Tout ce qui permet d’améliorer la production, d’aller plus vite, moins cher. » Au moment où le LEEM s’interroge sur la « lisibilité des politiques publiques et la vitalité du dialogue entre l’Etat et les acteurs économiques », le propos à le mérite de clarifier la volonté des producteurs de médicaments « made in France » de maintenir les fabrications dans l’Hexagone en misant sur les atouts de la branche.

La compétitivité, un maître mot

Pour mieux ancrer les industriels du médicament dans cette inter-région qui relie le Centre à la Normandie et à l’Ile de France, Polepharma organise des séminaires d’échanges de bonne pratique industrielle qui débouchent sur des actions concrètes, notamment sur le registre de la formation professionnelle. Plusieurs laboratoires de la pharma se mettent ainsi ensemble pour former, par exemple, des agents de maintenance, aucun n’ayant à lui seul les effectifs nécessaires pour lancer une formation. Ces actions sont lancées dans l’objectif  d’accroître la compétitivité des entreprises tout en restant dans une logique concurentielle de compétition.  « Les laboratoires ont intérêt à collaborer sur un certain nombre de thèmes pour rester compétitifs », résume Fabien Riolet. La communication va également être renforcée pour valoriser le tissu industriel et l’image de la pharmacie qui a été grandement écornée par la récente affaire Mediator. « Il faut rappeler que sur la Région Centre et la Normandie quelque 820 millions d’investissements ont été réalisés entre 2007 et 2012. La pharmacie est créatrice de richesses. A elle seule, elle représente 25 % des exportations de la Région Centre… », plaident encore ses représentants.

Un observatoire des investissements en France

Polepharma veut ainsi renforcer l’image de son territoire leader en matière de production pharmaceutique. Il  accompagne à cet effet sur les salons internationaux des entreprises désireuses de développer leurs exportations sous la bannière commune de « Pharmavalley » et organise également chaque année en septembre « Polepharma meetings », le congrès des décideurs de l’industrie pharmaceutique.
Last but not lesat, le pôle Pharma de la Région Centre va créer un observatoire des investissements  et des emplois dans l’industrie pharmaceutique. Ce dernier recensera chaque année sur l’ensemble du territoire français les investissements réalisés par l’industrie pharmaceutique. En mars prochain, Polepharma va lancer le « Polepharma Market Place » qui sera la première « place de marché » dédiée à l’industrie pharmaceutique. Son objectif sera de permettre une mise en relation rapide des acheteurs avec les fournisseurs les plus compétents lors des différents appels d’offres. Cet ensemble d’action permettra-t-il pour autant à la France de reconquérir sa place de leader européen en matière de production pharmaceutique, perdue il y a peu au bénéfice de l’Allemagne ? Les suites qui seront données sur le terrain aux récents travaux du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) devrait prochainement le confirmer (2). Ou l’infirmer. Affaire à suivre.

Patrick Le Bars

(1) Pour en savoir plus sur Polepharma -Prés 2012

(2) Le CSIS s’est réuni le 25 janvier dernier. A travers sa « Mesure n° 8 : Maintenir et développer la production industrielle en France, dont celle des bio-médicaments », il propose de poursuivre les mesures décidées lors de sa réunion de 2009 « en faveur du maintien sur le territoire européen d’établissements pharmaceutiques de sous-traitance fabriquant des spécialités pharmaceutiques, notamment génériques ». Il entend également « soutenir la croissance des PME de biotechnologie en leur permettant de passer de la R&D à la production industrielle et à la commercialisation de biomédicaments ».

Lors de ses voeux à la presse, le 31 janvier dernier, le président du LEEM, Christian Lajoux (photo) a estimé nécessaire de défendre la France comme « terre d’investissements pour la Pharma ». « Nous souhaitons être reconnus dans notre rôle d’industriels de haute technologie », a rappelé ce dernier considérant que « l’économie de santé, et notamment la politique industrielle des industries de santé, doit être au cœur du débat des prochaines présidentielles ». Le syndicat professionnel a diffusé le 7 février une « lettre ouverte aux candidats accompagnée d’un ensemble de propositions – sous le titre « L’industrie du médicament au cœur du défi français ».

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