Covid 19 : Une gestion en noir et blanc

Covid 19 : Une gestion en noir et blanc
mai 25 11:16 2020 Imprimer l'article

Pénurie de masques, impréparation du système de santé à affronter une crise sanitaire de grande ampleur, communication erratique, gestion bureaucratique : le Covid-19 a révélé les failles de l’organisation de santé française. Mais la gestion a été moins chaotique que le tam-tam médiatique laisse à croire. Analyse.

Alors que la phase de déconfinement a commencé le 11 mai parce que l’épidémie de Covid-19 était en en recul, il est temps de dresser un premier bilan de cette situation inédite : celle d’un pays à l’arrêt pendant 6 semaines à cause d’un virus qui, tel un astéroïde, a percuté notre société, ses certitudes, son économie et évidemment son système de santé.
Comment le pays, ses dirigeants politiques, son organisation sociale ont-ils réagi et répondu à la crise sanitaire, comparativement aux autres pays ?

Depuis le mois de février, c’est un déferlement de critiques, d’attaques, de fakenews et de complotisme alimenté par les réseaux sociaux et le robinet à images de l’interminable « édition spéciale » des chaînes d’informations en continu.
Il est vrai que ce virus, né en Chine dans une ville jusqu’alors inconnue, a tous les atouts pour susciter les fantasmes. A commencer par le fait qu’il aurait été créé artificiellement dans un laboratoire, installé avec l’aide de la France. Le prestigieux, mais vieillissant Pr. Luc Montagner a donné du crédit à cette thèse, précisant même que les « fabricants » du virus aurait rajouté une petite pincée de VIH, sans doute pour donner plus de saveur à ce corona. Comme dirait le sapeur Camembert, « quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites ».

Mais si, on s’éloigne de l’écume des jours et que l’on s’efforce d’analyser avec un certain recul la gestion de la crise, on ne peut que constater que rien n’est simple, rien n’est ni tout blanc, ni tout noir. Cela apparait à travers quelques questions et des tentatives de réponses.

La France, l’Etat, le gouvernement ont-ils tardé à prendre conscience de la gravité de l’épidémie ?
Pour répondre à cette question, il faudrait connaitre la date exacte du départ de l’épidémie et celle des premières alertes. Le virus est-il apparu en décembre 2019 ou janvier 2020 sur ce désormais fameux marché de Wuhan à partir d’une chauve-souris ou s’est-il échappé en février du laboratoire P4 de cette même ville ou encore a-t-il commencé son itinérance en octobre 2019 après une compétition militaire mondiale qui s’est tenu aussi à Wuhan ? La question n’est pas résolue.
Ce qui semble acquis, c’est que la Chine a retardé autant qu’elle a pu, l’annonce qu’un méchant coronavirus s’était répandu dans la nature. Elle a fait disparaitre des lanceurs d’alerte et des médecins, allant même, selon certaines informations, jusqu’à faire pression sur l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci publie justement une première information sur ce coronavirus le 4 janvier, mais sans donner d’alerte. Il faudra attendre le 11 mars pour qu’elle le qualifie de pandémie. Entre temps, le virus s’est répandu sur la planète.

« Une grippette »

Le 21 février, la France affrète deux avions pour rapatrier de Wuhan plusieurs centaines de Français susceptibles d’avoir été touchés par le virus. Placés en quarantaine pendant 14 jours – la durée supposée de l’incubation – dans un centre de loisirs du sud du pays, ils en sortiront sans avoir été atteints. Agnès Buzyn, ministre de la Santé, annonce alors fièrement « qu’il n’y a plus aucun cas de coronavirus en France ».
A la fin du mois de mars, après avoir quitté le ministère de la Santé pour être candidate à la Mairie de Paris et avoir réalisé un mauvais score de 1er tour, elle affirmera avoir donné l’alerte dès le mois de janvier mais n’avoir pas été écoutée par le Président et le Premier ministre. Ces déclarations tonitruantes – sur lesquelles elle rétropédalera – donneront le coup d’envoi à tous les procès politiques et juridiques contre le pouvoir. 70 plaintes auprès de la Cour de justice de la République sont, à ce jour, recensées.
Reste que la période fin janvier-février ressemble à la drôle de guerre. On se prépare à affronter un ennemi qui ne vient pas vraiment. On débat de sa dangerosité. Pour beaucoup de spécialistes, virologues, infectiologues et autres qui commencent à occuper les plateaux télé, il ne s’agit que « d’une gripette ». Parmi les tenants de cette thèse, un certain Pr Didier Raoult et le Pr Jean-François Delfraissy, futur président du Comité scientifique, chargé de conseiller le gouvernement. Il reconnaitra avoir fait une erreur d’analyse.

2000 évangélistes contaminent le Grand Est

Mais, les signes d’inquiétudes se multiplient. Le virus touche plusieurs pays, à commencer par l’Italie où la Lombardie devient rapidement, ce qu’on appellera « un cluster », un lieu de forte concentration d’infections…
En France, des petits clusters apparaissent. Dans une commune de l’Oise et le village des Contamines Monjoie. Les mesures d’isolement – on ne parle pas encore de confinement – permettent de stopper l’épidémie. Mais, soudain, c’est l’emballement dans la région Grand Est. De nombreux cas graves, nécessitant hospitalisation et placement en réanimation apparaissent. On apprendra plus tard que ce « cluster » géant a pour origine un rassemblement évangélique qui s’est tenu à Mulhouse du 17 au 21 février. Il avait réuni plus de 2000 personnes qui toutes – on le découvrira aussi plus tard – étaient contaminées.

A ce moment, le RO, c’est-à-dire le taux de contamination du virus est de 3, ce qui signifie qu’une personne contaminée transmets le virus à 3 personnes. C’est aussi un point que l’on apprendra plus tard. En d’autres termes, les 2000 évangélistes ont potentiellement transmis le virus à 6000 personnes qui à leur tour ont pu le donner à 18 000, etc. Le départ de feu s’est transformé – après le temps d’incubation – en un incendie généralisé.

Dès le 2 mars, Emmanuel Macron annonce qu’il bouleverse son agenda pour se consacrer à la lutte contre le coronavirus. Entre-temps, les connaissances sur ce virus ont progressé. Ce n’est plus « une grippette ». En créant le conseil scientifique et en communiquant sur les désormais célèbres mesures barrières, le sommet de l’Etat montre qu’il a pris conscience de la gravité de l’épidémie. Mais il ne sait pas encore – parce que personne ne le sait – comment lutter contre sa propagation.

Un retard à l’allumage

Le 16 mars, le Président de la République parle de guerre et décrète le confinement sans – erreur de communication – employer le mot, pour le lendemain. Il faudra attendre l’intervention du ministre de l’Intérieur pour comprendre l’ampleur de la décision. Mais, dans les jours précédents, une autre erreur de communication avait été commise avec le maintien du 1e tour des élections municipales. Dans une précédente intervention, le 13 mars, le Président avait demandé aux Français d’éviter tout rassemblement. Le samedi 14 mars en fin de soirée – à quelques heures de l’ouverture du scrutin – le Premier ministre fait une intervention dramatique. A la manière de Michel Debré, demandant un soir pendant la guerre d’Algérie aux Français de se mobiliser pour empêcher les parachutistes de sauter sur l’Elysée, Edouard Philippe annonce la fermeture à minuit des bars, restaurants, hôtels, salles de spectacles, l’interdiction des réunions de plus de 10 personnes et invitent les personnes à risques et âgées à ne plus sortir, sauf.. pour aller voter puisque le scrutin est maintenu…..
Ces erreurs de communication – qui pèseront lourd dans la balance de la décrédibilisation de la parole publique – ne doivent pas empêcher d’acquitter les plus hauts responsables politiques du chef d’accusation de retard à l’allumage. Compte tenu des faibles connaissances sur ce virus, des tâtonnements de tous les médecins, des positions erratiques de l’OMS et de la rapidité d’évolution des informations, il était sans doute difficile de mieux anticiper.
Mais le Président et son gouvernement vont commettre de lourdes erreurs pour ne pas dire fautes qui vont mettre à mal leur crédibilité.

Les masques ou le péché originel

Très rapidement, un débat s’installe sur la nécessité de généraliser le port du masque, comme en Chine et dans les pays asiatiques. La communauté scientifique et médicale est divisée et l’OMS réservée. Exploitant ces incertitudes, le gouvernement élabore la doctrine que ce n’est pas utile pour la protection des populations mais que, en revanche, pour les soignants, les masques chirurgicaux et plus encore les FFP2 sont indispensables.

Mais, deux éléments vont rapidement semer le doute. D’une part, les contorsions de Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, expliquant que le masque ne sert à rien et que de toute façon, les Français ne sauraient pas s’en servir. Faut-il être bac + 14 pour mettre un masque ?
D’autre part, les médecins – hospitaliers, comme de ville – et les soignants commencent à se plaindre de ne pas avoir de masques. … Mais où sont les masques ? Le gouvernement publie le 3 mars un décret réquisitionnant les masques détenus par les pharmacies ou les entreprises pour les soignants. Y aurait-il un problème ?

Le pot aux roses ne tardera pas à être découvert : le stock de masques n’existe pas ou plus exactement, il a été dilapidé, voire détruit et non renouvelé. Au début de la crise, il n’y avait – on l’apprendra début mai – que 117 millions de masques jetables utilisables alors qu’il en faut 40 millions par semaine pour les soignants. La réquisition revient à racler les fonds de tiroirs pour éviter ce qui serait le drame absolu, à savoir le manque de masques pour les personnels hospitaliers. A ce stade, les autres soignants, y compris ceux des Ehpad ne sont pas la priorité, compte tenu de l’extrême tension sur les masques. Mais, cela n’est pas assumé…
Plusieurs enquêtes de presse fort documentées expliqueront pourquoi et comment à cause de picrocholines batailles entre administrations et d’obscurs changements de doctrines, le stock de masques d’un milliard a fondu comme neige au soleil. Il avait été constitué en 2007 au moment de la grippe H1N1 par Roselyne Bachelot, alors ministre de la santé. Très brocardée à l’époque pour sa gestion, elle a profité de cette forme de réhabilitation pour se métamorphoser en super Roselyne, prête à sauver à nouveau la patrie en danger…
La France n’est pas le seul pays à se trouver ainsi démuni de masques. La plupart des autres pays – Allemagne, Etats-Unis en tête – sont alors dans la même situation de dépendance à la Chine pour ces précieux tissus de protection. Mais, le gouvernement français est le seul à avoir voulu «masquer» cette réalité et faire une doctrine de ce qui était, en réalité une gestion de pénurie. Promettre tous les jours des masques qui n’arrivaient pas, n’a fait qu’aggraver son cas.
Peu importe qu’il ait ensuite jeté toutes ses forces dans la guerre des masques, en organisant une filière nationale de production et un vaste programme d’importation, ce gros mensonge d’Etat est une sorte de péché originel à partir duquel, la parole publique a été décrédibilisée, suspectée de véhiculer de sombres intentions, alimentant le complotisme dont les réseaux sociaux sont si friands.
Le gouvernement ne reconnaitra jamais ce mensonge. Le Président Macron lui-même persistera dans le déni. Dans une interview à BFM, le 18 mai, il consent à admettre qu’il y a eu quelques manques et des tensions… Doux euphémisme…

Les hôpitaux face à l’astéroïde du Covid-19

La crise a révélé l’impréparation du dispositif sanitaire, mis à jour ses rigidités, ses lourdeurs bureaucratiques, sa gestion budgétaire à la petite semaine et son obsession hospitalo-centrique.
Le sujet des lits de réanimation est emblématique de cette impréparation. La France ne dispose que de 5000 lits de ce type, occupés en temps ordinaire à 90%, 3 fois moins, rapporté à la population que l’Allemagne. Et, outre les masques, on découvre que l’on manque de matériels de protection, d’écouvillons pour les tests et d’équipement de base.
Le roi est nu. Dans les hôpitaux de la 6e puissance économique du monde, les infirmières sont obligées de se fabriquer des blouses avec des sacs poubelle. Sommes-nous à Paris ou au Burundi ?
Défini comme le meilleur du monde au début du siècle, le système de santé français a des allures de tiers-monde. La honte.
L’actuel gouvernement a hérité de cette situation, mais l’opinion lui en fait porter la responsabilité, d’autant que depuis trois ans, il n’a rien fait pour corriger le tir malgré les alertes venues de toutes parts.
Le gouvernement a souffert de la comparaison avec d’autres pays, en particulier avec l’Allemagne dont la gestion de la crise par Angela Merkel est citée en exemple.

Mais une analyse sereine amène à nuancer ce déficit comparatif.
S’il est incontestable qu’avec 15000 lits de réanimation et une organisation plus souple parce que fédérale, le système hospitalier allemand était plus en capacité d’affronter la crise, d’autres paramètres sont moins évidemment à son avantage.
C’est le cas de la mortalité. Avec 6 000 morts en Allemagne et 25 000 en France, fin avril, la comparaison semble sans appel. Mais, c’est plus complexe. Ce différentiel s’expliquerait par le dépistage massif pratiqué de l’autre côté du Rhin. C’est largement faux. Le ministre fédéral allemand de la santé a indiqué le 17 avril que 1,7 million de personnes avaient été dépistées, soit, rapporté à la population de 88 millions d’habitants, 2%. On est loin du dépistage massif claironné dans les médias.
A la même époque, l’Italie annonçait avoir dépisté également 1,7 million, soit par rapport à une population de 60 millions d’habitants, une proportion sensiblement supérieure. Et pourtant, les Italiens payent un lourd tribut à la maladie avec plus de 30 000 décès.
En termes de malades atteints, l’Allemagne se situe dans la moyenne européenne. Avec, fin avril, 177 000 cas recensés contre 143 000 en France, l’Allemagne est autant touchée que la France si on tient du différentiel de population.
La différence de mortalité tient au mode de diffusion de l’épidémie. L’Allemagne n’a pas connu le phénomène de cluster observé en France et en Italie. La maladie s’est répandue de manière plus diffuse et plus tardive, permettant une prise en charge précoce des malades et donc moins graves et une mise en place de mesures de protection anticipée pour les personnes fragiles.

Le confinement, une fausse bonne idée ?

Le confinement – la mesure la plus spectaculaire et la plus lourde de conséquences économiques – a fait l’objet de contestations de la part de personnalités médiatiques, parmi lesquelles encore Didier Raoult.
Oubliant que cette disposition a été suivie par les ¾ des pays, que certains comme l’Angleterre, qui avaient tenté la stratégie dite d’immunisation collective en sont revenus en raison de la perspective de l’hécatombe qui s’annonçait, les opposants citent à l’envi des contre-exemples comme la Corée du Sud et la Suède.
Oui, mais voilà, au final, le bilan suédois n’est pas très positif. Le gouvernement est accusé, avec cette stratégie d’immunisation collective, d’avoir sacrifié les personnes âgées et vulnérables. De fait, avec 3 743 morts Covid 19, à la mi-mai, le résultat n’est pas favorable. La Suède compte 10 millions d’habitants. Pour comparer avec la France, il suffit de multiplier ce chiffre de morts par 6,7 (25 078), soit un résultat proche des 26 000 décès français à la même date. La moindre diffusion du virus en Suède tient à la situation démographique de ce pays où il n’y a pas de grande concentration urbaine. Stockholm ne compte qu’un million d’habitants réparti sur un territoire deux fois plus étendu que Paris et autour de la capitale, il n’y a pas de banlieues fortement peuplées dont les habitants s’entassent tous les jours dans des RER et des trains de banlieue pour venir au centre de la capitale.
Une étude de l’Ecole des Hautes études en sciences sociales a évalué à 60 000, le nombre de morts évités grâce au confinement et le RO est descendu à 0,6 ou 0,7 au début du mois de mai.
Sur ce point essentiel du confinement, le Président et le gouvernement doivent être crédités d’avoir pris la bonne décision au bon moment.
Mais, le confinement aurait pu être plus court sans cette gestion et cette communication abracadabrantesques des masques. De fait, la date du 11 mai a été retenue parce que – résultat des efforts désespérés du gouvernement pour l’approvisionnement – les masques seraient en grand nombre disponibles à cette date. En effet, les masques qui étaient, au départ, inutiles, sont devenus une condition sine qua non du déconfinement puisqu’ils sont obligatoires dans les lieux publics, à commencer par les transports.

On n’a pas fini de faire l’inventaire de cette crise inouïe mais on peut retenir quelques points majeurs :
Le pays doit absolument se doter des moyens matériels pour faire face à une crise sanitaire, épidémiologique, nucléaire, etc. qui peut arriver l’année prochaine, dans 5, 10, 50 ans. Toutes les entreprises ont des gestions de crise. Les compagnies aériennes ont des plans au cas où un de leurs avions s’écrase. Il est clair que la France – et beaucoup d’autres pays – n’était pas préparé au crash du Covid-19.
La prévention et la détection des alertes à bas bruit doit devenir une priorité absolue.
La dépendance à la Chine et à toute autre pays pour des équipements et des produits stratégiques doit être stoppée.
L’organisation de la santé doit sortir de sa lourdeur bureaucratique. L’administration centrale de la santé doit être renforcée et il faudra trouver un équilibre entre l’échelon d’Etat et l’échelon décentralisée, faire le ménage dans les multiples structures dont le partage des compétences n’est pas clair et qui travaillent en silo.
Il faut s’interroger sur la pertinence de maintenir la séparation entre le sanitaire et le social. Les EPHAD ont été, au départ, ignorés de l’Etat. Or, ce sont dans ces établissements que se trouve la majorité des personnes âgées et vulnérables, et il y a eu presque autant de décès dans ces établissements qu’à l’hôpital, ce qui rapporté à la population accueillie, est beaucoup plus important. Il faudra remettre en cause le statut des EHPAD qui ne sont pas des établissements sociaux, mais bien des établissements de santé spécialisés. Et, c’est un autre modèle économique, gestionnaire et médical à inventer.
Le gouvernement a fait savoir qu’il annoncera un plan pour l’hôpital en juin, à l’issue du Ségur de la santé qui s’est ouvert lundi 25 mai. Ce serait sa plus grande erreur que de limiter ce plan à l’hôpital, car le vrai sujet est une profonde réforme (1) du dispositif sanitaire pour en faire un système de santé.

Philippe Rollandin

(1) cf : L’après-crise Covid-19 : et si on créait un système de santé ?

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