Allemagne : baisses des dépenses remboursées en médicaments

novembre 09 17:10 2011 Imprimer l'article

Alors que la France vient de décider de réduire une nouvelle fois la facture des dépenses en médicaments de la Sécu, l’Allemagne enregistre de son côté une chute de 2,7 % de ces mêmes dépenses prises en charge par l’assurance maladie obligatoire sur les neuf premiers mois de l’année 2011. Une chute qui confirme l’effondrement déjà enregistré en début d’année.

L’industrie pharmaceutique française devra une nouvelle fois repasser à la caisse. C’est ce que vient de décider le gouvernement Fillon dans le cadre de son dernier plan de rigueur qui, pour la santé, prévoit de ramener l’évolution des dépenses de l’assurance-maladie à + 2,5 % jusqu’en 2013, contre 2,8 % prévus initialement. Une baisse qui entraînera mécaniquement des recherches d’économies nouvelles à hauteur de 700 millions d’euros, dont 500 millions reposeront sur le médicament, sur les laboratoires princeps comme sur les génériqueurs, a confirmé Xavier Bertrand dans la Tribune (1). Les baisses de prix seront concertées et l’on devine qu’elles ne feront pas l’affaire des industriels, qui ont récemment, via le LEEM, fait savoir que les économies sur les médicaments ont, entre 2005 et 2010, représenté environ 4 % des dépenses de santé, en moyenne chaque année, et qu’il n’en faudra pas davantage pour accélérer les restructurations et les délocalisations vers des pays plus accueillants.

3 milliards ponctionnés sur la chaîne du médicament

Outre Rhin, le médicament est également à la diète avec des ponctions sur les fabricants qui viennent d’être estimées à quelque 3 milliards d’euros, résultante des rabais, ristournes et autres baisses de prix obligatoires imposés par les caisses à ces derniers comme à leur partenaires sur la chaîne du médicament (répartiteurs et officinaux). L’ensemble de ces prélèvements représentent une participation de la branche pharma aux économies réalisées sur le médicament qu’IMS Health estime à 13 % des dépenses maladie des caisses, le plus gros morceau ayant été prélevé sur les fabricants (1,706 milliard de janvier à septembre, contre 926 millions sur les pharmaciens et 128 millions sur le commerce de gros).

Mouvement à la baisse

Reste que désormais, en matière de médicaments remboursés par les caisses maladie, le mouvement général est à la baisse en Allemagne : sur les 9 premiers mois de l’année 2011, selon IMS Health, le marché a vu ses ventes reculer de 2,7 %, à 22,3 milliards d’euros, malgré une légère augmentation des volumes (+ 0,7 %). « Ce développement négatif s’explique par le niveau élevé des rabais obligatoires imposés dans le cadre de la loi AMNOG (loi de restructuration du marché pharmaceutique), auquel s’ajoute un moratoire sur les prix jusqu’en 2013″, explique IMS Allemagne. Autre caractéristique du marché outre-Rhin, nos voisins se sont vus prescrire davantage de grands conditionnements (+,4,8 %), alors que les conditionnements moyens et petits sont en recul. Une évolution qui va de pair avec l’explosion des maladies chroniques et le vieillissement de la population que connaît l’Allemagne.

Jean-Jacques Cristofari

(1) « Comment comptez-vous réaliser les nouvelles économies sur les dépenses maladies prévues par le gouvernement ? », interroge La Tribune du 9 novembre« Cela fait partie des sujets dont je discute cette semaine avec les parlementaires et les partenaires sociaux, a répondu le ministre du Travail et de la Santé. D’ores et déjà, je propose que l’industrie pharmaceutique soit davantage mise à contribution. Je l’ai dit à l’occasion de la réforme du médicament, il y a trop de médicaments en France, on consomme trop de médicaments en France, et ils sont trop chers. Il y a donc des économies à faire de ce côté-là. Je compte notamment sur une baisse des prix des médicaments de marque mais surtout des génériques pour que l’objectif national des dépenses d’assurance maladie progresse de 2,5% et non plus de 2,8% comme prévu initialement. Nous avons 500 millions d’économies à réaliser. Nous y parviendrons. La médecine de ville et les établissements de soins participeront aussi à cet effort supplémentaire. Une chose est sûre : le ticket modérateur n’augmentera pas. »

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Jean-Jacques Cristofari, journaliste spécialisé en économie de la santé, économiste et sociologue de formation En savoir plus ...

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