2016, une année charnière pour la médecine générale libérale

2016, une année charnière pour la médecine générale libérale
janvier 16 11:47 2016 Imprimer l'article

Contestation2Les syndicats de médecins libéraux, généralistes en tête, se sont lancés début janvier dans un mouvement de transgression tarifaire et ont donné un avertissement net au gouvernement comme à l’Assurance-maladie : 2016 ne pourra pas rester pour les médecins libéraux une « année blanche de plus » au plan tarifaire. La première condition posée par le mouvement est de rajuster le tarif de base des généralistes au niveau de celui de toutes les spécialités, soit un C à 25 euros. La seconde est de redorer le blason des soins primaires et de leurs acteurs, les généralistes. Face aux médecins libéraux, Nicolas Revel, le patron de la CNAM, fait la source oreille et maintient son cap sur la question du tiers payant généralisé pour lequel un rapport, rédigé avec les complémentaires, doit être rendu en janvier.

L’année aura commencé sur les chapeaux de roue pour les syndicats médicaux. A peine sortis de la trêve des confiseurs, ces derniers ont lancé, pour les uns (UNOF-CSMF) un mot d’ordre de « désobéissance tarifaire » – en exigeant un tarif de 30 euros pour la consultation du généraliste et une application immédiate à 25 euros par ces derniers -, et pour les autres (MG France) une consigne de transgression – en appelant les généralistes à passer à 25 euros pour leur consultation de base, au nom de l’équité, à l’instar de ce que pratiquent déjà les autres spécialités -. Seule la Fédération des Médecins de France, poussée par l’Union Française pour une médecine libre (UFML), associations de médecins ultra-libéraux et anti-convention, ne rejoint pas ces consignes, estimant qu’il faut aller plus loin dans la contestation en poussant les médecins à se déconventionner, avec les conséquences que suppose un tel acte (cf. « Sortir de la convention, à quel prix ? »).

60,6 % de médecins prêts pour la bataille

Cette relance brutale de la contestation dans les rangs du monde médical, après la grande manifestation de rue des professionnels de santé du 15 mars 2015 et les grèves engagées l’automne dernier par les médecins généralistes, a récemment trouvé de nouvelles assises. En effet, selon une enquête diligentée auprès des médecins en décembre dernier par les grandes centrales syndicales représentatives du monde médical libéral (MG France, UNOF-CSMF et FMF), quelque 54,7 % des médecins ont fait part d’une « forte envie de mobilisation » pour ce début d’année. 45,2 % ont également avancé vouloir participer à une action tarifaire dès janvier. 60,6 % ont, par ailleurs, fait savoir par avance qu’ils participeraient « sûrement » aux mots d’ordre des syndicats pour appliquer un tarif de la consultation à 25 euros et 55,4 % se sont déclarés « sûrement » favorables à l’application d’une majoration substantielle du tarif de la visite au domicile des patients. Face à l’obligation de tiers payant que leur impose désormais la loi de modernisation du système de santé votée en décembre dernier, la détermination des praticiens libéraux reste également la même : 66,8 % disent qu’ils n’appliqueront pas ce tiers payant s’il devient obligatoire « pour des situations autres que celles de la convention médicale actuelle », et 50,8 % se déclarent prêt à se lancer dans une grève administrative avec des mots d’ordre précis émanant des syndicats. Ce thermomètre du niveau de mécontentement des praticiens libéraux traduit à l’évidence un état d’esprit d’exaspération parmi les médecins généralistes libéraux que les autorités en charge de la santé auraient tort de sous-estimer.

Demande d’équité tarifaire

Fort des résultats de leur sondage, les syndicats médicaux ont poussé la machine et décidé de faire monter la pression en appelant leurs adhérents à pratiquer dès ce début janvier un C à 25 euros, en assortissant le prix du tarif de